Christus Vincit! Christus Regnat! Christus Imperat! Index du Forum

Christus Vincit! Christus Regnat! Christus Imperat!
Forum Catholique de la Résistance à la néo-FSSPX et à la Rome moderniste

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

La chute des trois S0

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Christus Vincit! Christus Regnat! Christus Imperat! Index du Forum -> La Résistance -> Tout ce qui concerne la crise dans l'Église et dans la FSSPX
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Maunoir


Hors ligne

Inscrit le: 28 Juin 2014
Messages: 427
Localisation: France

MessagePosté le: Ven 30 Jan - 12:02 (2015)    Sujet du message: La chute des trois S0 Répondre en citant

Un ami qui souhaite garder l'anonymat a rédigé ce conte. Il n'est pas réservé aux enfants entre huit et douze ans... Tout le monde peut le lire pour en tirer une leçon.




La chute des trois SO
 


Conte pour enfants entre huit et douze ans.
 

Il était une fois, un grand père qui adorait raconter des contes datant des temps anciens. Un jour, alors que ses petits-enfants voulaient entendre encore une histoire, il leur parla tendrement, mais sérieusement, leur disant ceci :
« Mes chers enfants, ce conte est un peu triste, mais il est fait pour instruire. Il n’est pas fait pour se moquer. Il montre qu’on ne doit pas vouloir autre chose que ce que veut le bon Dieu ; ni vouloir être autrement que le bon Dieu nous a faits. »

Voici le conte qu’il leur raconta.

Il y a très longtemps, à l’aube de la Chrétienté, les habitants des montagnes germaniques furent convertis à la vraie religion du Christ par de très saints moines sous la conduite du grand saint Boniface. Le malin en prit ombrage, si bien qu’il jura de pervertir non seulement la Germanie, mais aussi le cœur de la Chrétienté. C’est dans ces temps de désolation que se place notre histoire.

Il y avait dans la forêt d’Allerheiligenberg un homme qu’on appelait Bär-hardt, ce qui signifie « fort comme l’ours ».
De fait, il était fort, mais, à ses yeux, il était trop petit. Il rêvait d’être vraiment grand parmi les plus grands. Il était parvenu à se faire sacrer Evêque par un vieil archevêque qui avait tout fait pour sauver les restes de la Chrétienté et qui, croyant bien faire, lui avait tout appris avant de mourir. Mais cela ne lui suffisait pas. Il ne se trouvait pas assez grand et voulait être grand parmi les grands.
Un jour, il alla voir une méchante femme, une arrière-arrière-petite-fille de la fée Carabosse.
Elle passait pour être une voyante.
Elle parla à notre petit homme de la cité de Rome en des termes dithyrambiques, lui assurant que le Pape possédait là-bas un
sceau doté d’un pouvoir étrange au-dessus de tout pouvoir. Mais, hélas, elle lui cacha que cette ville, autrefois splendide, était maintenant infestée de créatures du démon. Dans sa naïveté, notre petit homme échafauda le projet d’obtenir du souverain
pontife le pouvoir d’être grand parmi les grands, en offrant à sa cour un très beau cadeau.

-Tu n’es qu’un sot, lui disaient ses voisins. Qui a jamais pu ajouter une seule coudée sa taille ?
Mais, lui, s’entêtait. Comme il était un peu magicien, il s’avisa de fourrer quelque cinq cents prêtres dans un seau, avec congrégations amies, séminaires, écoles, maisons de retraite y afférentes et de porter le tout au Pape. Les prêtres se débattirent un peu ; quelques-uns parvinrent à lui échapper, mais la plupart restèrent, ensorcelés par l’horrible sortilège qu’il leur avait jeté.


Portant son précieux fardeau, il chemina sans relâche jusqu’à la ville éternelle. A force de se nourrir et de se délecter de ses rêveries, il se voyait déjà revêtu de pourpre et coiffé d’un énorme chapeau de cardinal.
Il arriva enfin au Vatican. Il toqua à la porte.

Une voix mâle lui demanda :
- Que viens-tu faire ici, brave homme ?
- Je viens des forêts d’Allerheiligenberg et j’apporte avec moi cinq cents prêtres dans un seau que j’offre au souverain pontife.
- Nous avons suivi ton affaire. Tu nous as déjà offert des millions de chapelets. Nous nous sommes demandé si tu étais sérieux. Évidemment cinq cents prêtres, ce n’est pas grand-chose, mais c’est quand même plus consistant. Le Pape m’a parlé ce matin de ta démarche. Qu’escomptes-tu en échange de ton cadeau ?
- Rien d’autre que de savoir que le Saint-Père, dans sa munificence, accepte ce don précieux et m’accorde sa bénédiction.
La porte s’ouvrit alors. Un homme de haute stature, aux cheveux blancs, lui apparut. Quelle ne fut pas la stupéfaction de notre petit bonhomme quand il reconnut Molinarius, son ennemi mortel ! Celui-ci le regardait d’un air amusé.
- Vraiment, tu ne demandes rien de plus ? Si ton intention est pure et si tu espères que le Pape accepte ton cadeau, sans doute acceptes-tu en retour son magistère et son gouvernement ? C’est bien cela ?
- Bien sûr, vénérable Seigneur ! J’accepte tout cela et même davantage. Je n’espère que sa bénédiction. Je voudrais entrer avec lui dans une pleine Communion.
- Comme tu as changé ! Mais sur ce point, tu as raison. La communion avec le Saint-Père te donnera plus de poids auprès des gens.
- Oui, répondit étourdiment le petit homme des forêts germaniques, cela me donnera le Sceau de Rome.
- Nous y voilà !, s’esclaffa Molinarius. Tu espères le Sceau de Rome et pouvoir ainsi devenir grand parmi les grands !
Molinarius se moquait.
Bär-hardt se mordit les lèvres et regretta d’avoir parlé trop vite. Il essaya de se rattraper par quelques courbettes dont il avait l’habitude.
- Révérendissime Excellence et noble Seigneur, n’est-ce pas là ce qu’espère tout homme désireux de servir le Saint-Siège de tout son cœur, tous les jours de sa vie ?
- Si tel est ton cas, acceptes-tu notre liturgie et la juges-tu légitime ?, questionna Molinarius d’un ton sceptique.
- Oui, noble Seigneur, et je m’engage à lutter contre ceux qui diraient le contraire.
- Comme tu as changé ! Je ne te reconnais plus... Acceptes-tu de dialoguer avec les protestants, les anglicans, les juifs, les musulmans, les bouddhistes, les sikhs, les iroquois, les apaches, les animistes, les francs-maçons, les homosexuels, les témoins de Jéhovah, les athées et avec tous ceux que tu appelais autrefois pécheurs publics, schismatiques, hérétiques, relaps, mécréants, sans-dieu et païens ?
- Oui, votre Grâce, pour servir le Pape, je ferai tout cela et même davantage. J’ai déjà rencontré un anglican, de façon informelle, et tout s’est bien passé.
- Comme tu as changé, petit homme ! C’est à peine croyable. Et que dis-tu maintenant de l’Evêque de Rome ?
- Qu’il est le Pape, chef de l’unique et seule Eglise qu’on doit suivre et servir. Et je m’engage à fermer la bouche de tous les prêtres qui, dans mon seau, oseraient penser le contraire.
- Toutefois, répartit Molinarius, je me suis laissé dire qu’il y avait entre nous et ton groupe un profond différend au sujet de la Tradition. C’est d’ailleurs à propos de la Tradition que votre grand Archevêque a été condamné. Qu’en est-il maintenant ?
- Nous disons maintenant que le Pape est le seul juge, l’unique interprète, l’unique garant de l’Écriture comme de la Tradition. Aucun avis ne peut s’opposer au sien sans rompre la pleine communion.
- Quelle transformation ! Mais ne prétendais-tu pas, il y a encore peu de temps, que moi, Molinarius, je diffusais des hérésies ?
- Considérez la misère qui est la mienne, noble Prince ! Je sais que la doctrine dont vous avez la garde est pleine de miséricorde. Oubliez donc ces regrettables moments d’égarement. Car si vous retenez les iniquités, qui pourra subsister devant vous ?
- Tu es méconnaissable Bär-hardt ! Alors, tu veux te réconcilier ?
- Tout de bon.
- Mais les prêtres, les religieux, les religieuses, qui te faisaient confiance et qui s’opposaient si fort au Pape et aux Cardinaux, ont-ils changé d’avis, eux aussi ?
- Aujourd’hui, je suis prêt à déclarer solennellement, devant la cour de Rome, que moi, Bär-hardt, garantis leur totale fidélité au Saint Siège.
- Comment cela ? Toi, obtenir un tel résultat ? Si ce que tu dis est vrai, tu ne me feras jamais croire que tu y arrives seul ? Qui te prête son aide ?
- Pourquoi m’interroger ? Vous savez tout, Éminence ! Les Grecs m’ont un peu aidé et Mammon me soutient... J’ai pu construire ou acheter un peu partout propriétés et bâtiments qui me permettent de maintenir tout ce petit monde dans la sainte obéissance…

- Attention aux Grecs et à leurs cadeaux ; mais pour Mammon, c’est excellent ! Il est en effet très puissant. Il donne à tous l’illusion que sans lui, nous ne pouvons rien faire. Si bien que les gens ont peur et restent confinés en son pouvoir. Mais enfin, si
quelques prêtres ou laïcs surexcités refusent de te suivre, que peux-tu faire ?
- Je les chasse. Je les prive et demande qu’on les prive de sacrements.
- La mesure est efficace. Je le sais. Mais tu usurpes-là un pouvoir que Rome ne t’a jamais donné. Tu n’es pourtant pas sans le savoir.
- Certes, répondit Bär-hardt, je le sais et j’en souffre plus que je ne puis le dire. Je n’use de ces mesures que pour le bien et l’unité des cœurs. C’est à mon corps défendant que j’ai recours à la sévérité, car, par nature, je suis compatissant.
- Dis cela à d’autres, Bär-hardt, « fort comme l’ours », pas à moi. Mais il est une autre question que je dois te poser : acceptes-tu notre droit canon que, dans ton entourage, on a tant critiqué ?
- Non seulement je l’accepte, mais je l’ai déjà employé à l’encontre de quelques prêtres récalcitrants.
- Quelle métamorphose, petit homme ! Comment est-ce possible ? Sans doute est-ce là un effet des prières du souverain Pontife. Elles t’ont magnifiquement protégé et t’ont prodigué de grandes grâces...

Le noble Seigneur Molinarius se taisait maintenant. Il réfléchissait, immobile, le visage impénétrable. Notre petit homme le regardait anxieux et s’agitait nerveusement. Il avait étalé toutes ses cartes. Que pouvait-il encore ajouter, promettre, jurer ? Comment vaincre la méfiance de ce vieux loup germanique ?

Une idée lui traversa l’esprit. Il risqua un argument qu’il voulait pragmatique, pratico pratique, bien terre à terre :
« Eminence, à part quelques groupuscules inoffensifs, ceux qui s’opposaient à la Rome actuelle sont maintenant rangés sous mon autorité. Si vous m’accordez le sceau de Rome, vous n’aurez plus d’opposition. Je m’engage à servir le Souverain Pontife de toutes mes forces. Le ciel m’en est témoin ».

Molinarius le regarda étonné. La forêt d’Allerheiligenberg produisait donc des êtres aussi calculateurs ? Mais, sans rien laisser paraître de ses pensées, il dit simplement :
- C’est bon, petit homme. Je veux bien te laisser entrer. Le Saint-Père m’a demandé d’être bon avec toi. Le sceau de Rome est sur la table. Tu n’as qu’à le prendre, il est à toi.


 
Bär-hardt découvrit alors, recouvert de mille pierres précieuses, un sceau tout en or, qui trônait sur la table, au milieu des piles de
parchemins et des plumes d’oie. Un trouble insurmontable l’envahit.

- Jamais aucun sceau n’a brillé d’une telle splendeur et jamais aucun autre ne pourra l’égaler, pensait le petit homme ébloui.
Oubliant alors toute prudence, il s’avança pour saisir l’objet tant désiré. Il allait enfin être récompensé de tant de fatigues ! Il allait enfin devenir grand ...quand, tout à coup, un grincement strident sortit de terre. Une trappe s’ouvrit sous ses pieds. Notre petit homme, pauvre sot, tomba au fond d’une oubliette, le seau rempli de prêtres et le sceau de Rome avec lui. Levant alors la tête, Bär-hardt aperçut le grand Molinarius qui ricanait en disant :

- Te voilà pris au piège ! Mais ne t’en fais pas. Nous ne voulons pas ta mort, car tu peux nous servir. Tiens-toi tranquille ; nous te dirons bientôt ce que tu dois faire.

La trappe se referma. Il faisait noir. Cependant, au bout d’un certain temps, Bär-hardt aperçut une petite lueur filtrant par une minuscule fissure du plafond bas. Serrant fébrilement dans ses mains le sceau qu’il n’avait pas lâché, il se dirigea vers ce rai de lumière. O, douleur ! Il lui sembla que le sceau avait perdu tout son éclat. Il l’examina plusieurs fois, le palpa, l’approcha de la fissure pour mieux voir. Le doute n’était plus permis. Ses yeux, maintenant bien habitués à la pénombre, ne lui montraient plus qu’un vulgaire morceau de bois !


 
Bär-hardt comprit qu’il avait été dupé. Il s’était laissé rouler dans la farine, victime des sortilèges de Molinarius. Ce qu’il avait cru voir en or n’était qu’une illusion et les pierres précieuses n’étaient qu’un faux-semblant. Dans la trappe, le charme trompeur avait disparu. Ses voisins d’Allerheiligenberg avaient-ils eu raison de le traiter de sot ? Il ne pouvait l’admettre. Petit, oui, il l’était ; mais sot, certainement pas ! Il avait simplement oublié que la Rome qu’il visitait était plus puissante que lui en matière de sortilèges. Qui peut se targuer de ne jamais rien oublier ?

Comme on le voit, Bär-hardt n’avait rien appris. Il était resté imperméable au raisonnement comme à l’expérience. Pauvre petit homme ! Pourrait-il jamais devenir grand ?

Le vrai, dans cette histoire, est que le pouvoir attaché au sceau de Rome avait mystérieusement disparu à la suite d’une réunion tumultueuse que le Pape et ses affidés avaient outrageusement subvertie. Ils avaient profité du désordre pour confondre
le pouvoir divin avec le pouvoir naturel, la vie divine avec la vie naturelle, le sacrifice sublime et divin avec un simple repas. C’est pourquoi le bon Dieu, auteur de ce pouvoir, l’avait retiré de leurs mains impies. Il l’avait confié au vieil Archevêque, à certains prêtres épars, navrés du naufrage de la Ville éternelle, et à quelques autres, restés dans d’obscurs cercles romains, auxquels on ne servait que vexations et injures.

Quand les habitants d’Allerheiligenberg apprirent la chute de Bär-hardt dans l’oubliette, ils ne furent pas autrement surpris. Ils appelèrent cette histoire « La chute des trois «SO» ». Ils la racontèrent à leurs petits-enfants qui la racontèrent à leurs petits-enfants et ainsi de suite jusqu’à nos jours. On la nomme encore ainsi, bien que personne ne soit jamais parvenu à décider avec autorité comment il convenait d'écrire "SO".


Fin
 


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Ven 30 Jan - 12:02 (2015)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Christus Vincit! Christus Regnat! Christus Imperat! Index du Forum -> La Résistance -> Tout ce qui concerne la crise dans l'Église et dans la FSSPX Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com