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Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX.

 
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parvulus


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MessagePosté le: Sam 25 Avr - 12:20 (2015)    Sujet du message: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX. Répondre en citant

Le dernier mot de Dom Thomas d'Aquin au Brésil est une admirable synthèse.


En appui de cette terrible description, comment ne pas se rendre compte que tout '(art diabolique est de subvertir dans la FSSPX le concept même du "Ecclesia supplet"?


Pour Mgr Lefebvre, la cohérence était celle-ci dans la rigueur absolue des fins et es moyens:
- sauver les âmes,
- pour cela faire des prêtres saints,
- des prêtres saints sont d'abord à ce jour amants de Jésus Vérité, et non de Jésus charité d'abord, falsifiée par un trop grand amour des hommes au détriment de l'amour de Dieu,
- le but de la Messe est de sanctifier ces prêtres dans la vérité, celle de la doctrine d'abord, et donc de la haine de toute erreur, prédication donc qui ne se limite pas au catéchisme, mais aussi aux Syllabus, et encycliques anti-libérales et anti-modernistes,
- la fin immédiate de la FSSPX n'est pas une "église de suppléance" , mais une institution d'aide de sanctification des prêtres, 
- la FSSPX pour sanctifier les prêtres doit nécessairement en premier lieu haïr toute erreur doctrinale en son sein,
- c'est le rôle des évêques consacrés en 1988 de faire cela: dénoncer toute erreur, même contre le SG si nécessaire, comme Mgr Lefebvre l'a fait contre des papes,
- les fidèles ne sont as membres de la FSSPX, et la FSSPX n'est pas faite pour n'avoir que des "membres laïcs" comme si tout catholique devait s'inscrire à un tiers ordre,
- la suppléance ne concerne que des clercs "in personna" face à des fidèles en cas de nécessité, jamais une "communauté de suppléance" de l'Eglise!




Il y a donc perversion de l'esprit à traduire le "Ecclesia supplet" par:  la FSSPX supplée à la défaillance de l'Eglise!


En effet:
-ce n'est pas l'Eglise qui est défaillante, mais ses membres de juridiction ordinaire qui étant défaillants, ont créé ex concilio une juridiction ordinaire nouvelle, instituant ainsi une "église" de substitution à celle instituée par NSJC sur le Pierre des trois professions de la foi, et non sur le Pierre du reniement au Prétoire, et de la faute judaïsante après la Pentecôte, ce qui lui a valu d'être repris par Paul publiquement!


- c'est l'Eglise qui supplée par des évêques et des prêtres qui transmettent et la doctrine et le pouvoir d'ordre qui apporte les sacrements sûrs de l'Eglise, et non pas les sacrements douteux de la contre-façon conciliaire de l'Eglise.


L'erreur magistrale de Mgr Fellay il l'a dévoilée publiquement dans une conférence à St Pré en mai 2015, et s'il existe une seule chose de sincère en Mgr Fellay c'est hélas bien celle-là:
" Il n'y a qu'une Eglise, visible, concrète, humaine!". Sauf que celle régne à Rome n'est pas divine! Un Concile déclaré par des papes fous,  infaillible par nature, a remplacé NSJC, seul infaillible par nature, et qui s'exprime dans la Tradition doctrinale d'abord, sacramentelle ensuite, par Son Esprit, celui de la vraie Pentecôte, et non de la fausse des années 1960...!


Ce n'est qu'ensuite que les abbés Gleize nous pondent une nouvelle "romanité", pour inverser encore la vérité: puisque l'Eglise est romaine, l'église romaine est l'Eglise! Sans voir que précisément la romanite d'aujourd'hui est celle refusée par Mgr Lefebvre depuis novembre 1974!


Enfin, perseverare diabolicum;
"Il nous faut le sceau!"
Quel sceau sinon celui du diable?


Quand la FSSPX aura ce sceau, que sera-t-elle d'autre qu'une congrégation conciliaire de plus dans le capharnaum de l'église du diable?


Reste la sanctification des âmes: tout prêtre authentique restera toujours un prêtre de suppléance: mais le "hic" sera celui-ci: à terme, nos enfants et petits-enfants, comment seront-ils sûrs d'avoir devant eux un vrai prêtre de l'Eglise, si tous les sacrements de l'église concilaire sont tous douteux????


La soutane n'y changera rien, pas plus d'ailleurs que la messe de St Pie V ou de 1962, que déjà de faux prêtres apprennent par coeur....


La grande tribulation ne fait que commencer....


Dieu merci, nous avons 
Kyrie elison,
et Ipsa conteret
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MessagePosté le: Sam 25 Avr - 12:20 (2015)    Sujet du message: Publicité

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parvulus


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MessagePosté le: Sam 25 Avr - 15:09 (2015)    Sujet du message: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX. Répondre en citant

ERRATUM: la conférence à St Pré est en mai 2012 (et non pas 2015!), Nouvelles de Chrétienté N° 135.
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parvulus


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MessagePosté le: Sam 25 Avr - 18:23 (2015)    Sujet du message: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX. Répondre en citant

Addendum:
tout catholique devrait relire cette conférence à St Pré: Nouvelles de chrétienté N° 135.


Le titre est un pur mensonge: "La ligne de crête de Mgr Lefebvre".
Avec photo de Mgr Lefebvre juste à côté: il doit être retourné dans sa tombe!


De nombreux prêtres savaient bien avant, avant de se faire éjecter...


Mais que des laïcs soient en retard, c'est normal.


Puisse le relecture de cette conférence réveiller les fidèles sur la fêlure de l'intelligence et la félonie de la volonté.....
En laissant à Dieu le soin de juger au for interne laquelle est la première, de la fêlure ou de la félonie....


Kyrie eleison,
Ipsa conteret.
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parvulus


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 02:49 (2015)    Sujet du message: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX. Répondre en citant

Dom Thomas s'interroge sur la passivité des fidèles et es prêtres.


Une explication pourrait nous être donnée par.... St Pie X!


"A la source du modernisme se trouvent l'ignorance et la curiosité" (Pascendi).


Certes fidèles et prêtres ne sont pas modernistes, du moins pas ceux "résistants de l'intérieur"....


Mais ne seraient-ils pas atteints "d'ignorance et de curiosité" , et tel que l'entend St Pie X d'ignorance du vrai et de curiosité de voir le mal en acte?


- les arguments de la Résistance? Ignorons-les, c'est plus confortable et nos "paroisses " resteront en "paix"....
- le naufrage des oeuvres de la FSSPX dans l'église conciliaire qui "est l'Eglise"?  Nous sommes curieux de voir... ça plus tard! 


D'ailleurs, c'est aussi pour cela que nous pèlerinerons en l'honneur de nos anges gardiens...


Pour que les fumées du volcan Calbuco du chili n'envahisse pas nos buenos aires....
Euh pardon, pour que les fumées laissées par l'abbé Bouchacourt en Argentine n'envahissent pas la France....


Kyrie eleison
Ipsa conteret
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Ana


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MessagePosté le: Lun 27 Avr - 08:36 (2015)    Sujet du message: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX. Répondre en citant

Départ de prêtres accordistes chez les conciliaires!
Mais comment interpréter le départ de ces prêtres pour le concile? Nous pourrions croire qu'ils n'espèrent plus en une "réconciliation"? ou ne peuvent-ils plus subir le joug de Néron?
C'est la question.
Ils pensent peut-être que cette religion humaine est plus charitable? L'ennui c'est que oui elle est charitable, plus aimable, on le voit quand on connait certains prêtres qui sont partis, ils sont, alors, nettement plus compréhensifs, plus proches des gens. Malheureusement ils ont troqué la Vérité pour se mettre au services de l'erreur et pire ils n'ont plus la foi puisqu'ils ne prêchent plus la Vérité et Notre Seigneur Jésus(par bonté!) .Leur but est le bien être des hommes sur la terre Satan fera le reste.


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parvulus


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MessagePosté le: Lun 27 Avr - 09:34 (2015)    Sujet du message: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX. Répondre en citant

Eh oui, Ana.


Si Maunoir, grand expert en montage photo, pouvait nous ressortir cette photo de Jean Paul 2 se faisant marquer le front par une prêtresse hindoue, cela illustrerait parfaitement le "sceau" que recherche Menzingen!


A force de le vouloir, Menzingen incite tous les accordistes à précéder le mouvement!


Prions pour qu'il s'accélère: l'épuration du Gauleiter Pfluger provoquera le départ anticipé des Laisney, Simoulin, et autres Gleize? 


D'ici que Mgr Fellay et le sinistre Pfluger se retrouvent seuls à la tête de "résistants", quel comique!!!!


Mais Dieu se rit dit-on de ceux qui le méprisent dans la Vérité de Son Fils....




Kyrie eleison,
Ipsa conteret
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parvulus


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MessagePosté le: Lun 27 Avr - 09:42 (2015)    Sujet du message: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX. Répondre en citant

Autre idée amusante:
le bouclier de la foi dont parle S Paul a un intrados, côté personne à protéger, et un extrados, côté ennemi:


Sur l'extrados de Mgr Lefebvre allant à Rome il y avait marqué:
"Tu es Pierre, mais ta nouvelle église n'est pas l'Eglise!"


Sur l'extrados de Menzingen est écrit presque l'inverse:
"Tu es un mauvais Pierre, mais je reconnais ta nouvelle Eglise pour la vraie!"




Comme l'a écrit l'abbé Gleize lui-même,
thèse : Mgr Lefebvre,
antithèse: Mgr Fellay.


Hélas, notre théologien "maison" a eu très peur de quitter son poste:
au lieu de dire, l'antithèse est irrecevable selon la thèse, position thomiste,
il a conclu: l'antithèse complète la thèse dans une nouvelle synthèse.
c'est du marxisme....


Kyrie eleison
Ipsa conteret
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glori


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Messages: 95

MessagePosté le: Mar 28 Avr - 16:59 (2015)    Sujet du message: Re: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX. Répondre en citant

parvulus a écrit:
comment ne pas se rendre compte que tout '(art diabolique est de subvertir dans la FSSPX le concept même du "Ecclesia supplet"?

Pour Mgr Lefebvre, la cohérence était celle-ci dans la rigueur absolue des fins et es moyens:
- sauver les âmes,
- pour cela faire des prêtres saints,
- des prêtres saints sont d'abord à ce jour amants de Jésus Vérité, et non de Jésus charité d'abord, falsifiée par un trop grand amour des hommes au détriment de l'amour de Dieu,
- le but de la Messe est de sanctifier ces prêtres dans la vérité, celle de la doctrine d'abord, et donc de la haine de toute erreur, prédication donc qui ne se limite pas au catéchisme, mais aussi aux Syllabus, et encycliques anti-libérales et anti-modernistes,
- la fin immédiate de la FSSPX n'est pas une "église de suppléance" , mais une institution d'aide de sanctification des prêtres, 
- la FSSPX pour sanctifier les prêtres doit nécessairement en premier lieu haïr toute erreur doctrinale en son sein,
- c'est le rôle des évêques consacrés en 1988 de faire cela: dénoncer toute erreur, même contre le SG si nécessaire, comme Mgr Lefebvre l'a fait contre des papes,
- les fidèles ne sont as membres de la FSSPX, et la FSSPX n'est pas faite pour n'avoir que des "membres laïcs" comme si tout catholique devait s'inscrire à un tiers ordre,
- la suppléance ne concerne que des clercs "in personna" face à des fidèles en cas de nécessité, jamais une "communauté de suppléance" de l'Eglise!

Il y a donc perversion de l'esprit à traduire le "Ecclesia supplet" par:  la FSSPX supplée à la défaillance de l'Eglise!

...


Reste la sanctification des âmes: tout prêtre authentique restera toujours un prêtre de suppléance: mais le "hic" sera celui-ci: à terme, nos enfants et petits-enfants, comment seront-ils sûrs d'avoir devant eux un vrai prêtre de l'Eglise, si tous les sacrements de l'église concilaire sont tous douteux????

La soutane n'y changera rien, pas plus d'ailleurs que la messe de St Pie V ou de 1962, que déjà de faux prêtres apprennent par coeur....


Entièrement d'accord avec ces points, merci de les rappeler, c'est un bon résumé du pb


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Volmar


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Inscrit le: 20 Oct 2014
Messages: 274

MessagePosté le: Mar 28 Avr - 18:43 (2015)    Sujet du message: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX. Répondre en citant

Ça me remet en mémoire cette nouvelle :

LE SECOND AVENEMENT - Jacques Debout - 1925


« Ce qui m’inquiète, mon cher Raymond, ou plutôt, car il ne faut rien prendre au tragique, ce qui m’intrigue, c’est le silence obstiné du chanoine Broussillard.
— Le chanoine Broussillard se tait, sourit l’instituteur, pour la simple raison qu’il n’a plus rien à dire.
— Un homme qui n’a rien à dire peut-il être aussi sombre ?
— Mon Dieu oui, surtout lorsqu’il est par vocation un prophète de malheur et qu’il lui arrive celui d’être un mauvais prophète. Il lui est, hélas ! donné ironiquement de vivre assez vieux pour être le témoin d’une époque bénie. Plaignez-le, doux abbé, cet apocalyptique chanoine qui n’attendait pour chanter son Nunc Dimittis que le chambardement universel, et qui est obligé de voir tous les gouvernements réconciliés avec le Pape, les hérétiques et les protestants rentrés dans le giron de l’Église, Israël aux trois quarts converti, tous les conflits aplanis par la Société des Nations dont Benoît XX est le président, la masse prolétarienne heureuse et assagie ayant dans ses Bourses du Travail le portrait de Léon XIII et enfin – suprême et superbe conquête – les Amicales d’Institutrices et les Syndicats d’Instituteurs se consacrant au Sacré-Cœur. Tout cela est assez humiliant pour cet excellent vieillard, que du reste nous respectons comme la seule survivance des mentalités défuntes, et que nous aimons pour la puissance de sa personnalité.
— On sonne. Je parie que c’est lui. »
C’était lui en effet, toujours énorme sous ses quatre-vingt-dix-huit hivers, les vastes épaules à peine un peu voûtées, comme il l’avait affirmé jadis, par le poids d’un monde trop léger.
« Bonjour, rugit-il, et sans transition : Enfin ils apparaissent !
— Quoi ?
— Les signes. Et Broussillard s’assit avec un bruit d’effondrement et posa ses bras sur la table comme deux solives.
— Ah oui ! fit négligemment l’instituteur, il y a en effet des phénomènes bizarres dans la lune, dans Mars et dans Sirius. On a prétendu entendre des cloches dans la lune, observer dans Mars un arbre extraordinairement grand et rouge en forme de croix et voir couler de Sirius des larmes bleues qui, en se rejoignant, formaient des lettres étranges. L’Académie des sciences s’en préoccupe.
— Ce n’est pas elle qui l’expliquera, dit Broussillard. C’est le Voleur que j’attends.
— Comment, Monsieur le Chanoine, intervint le jeune curé, un esprit aussi solide que le vôtre peut-il attacher une importance quelconque à des symptômes aussi mal précisés, d’une nature évidemment scientifique et dont les vieilles femmes elles-mêmes ne s’effraient plus.
— Tu ne trouves pas, mon pauvre petit, que l’air est par trop respirable ?
— Il est vrai, intervint l’instituteur, que jamais peut-être l’atmosphère ne fut aussi pure. C’est presque une ivresse de vivre. »
Et Broussillard de répondre : Arescent homines (les hommes sécheront de frayeur).
« Voyons, Monsieur Broussillard, reprit l’instituteur, avouez que vos prédictions sinistres ne sont plus de saison sous le règne du “Pasteur Angélique”.
— Monsieur l’Instituteur, avez-vous la foi ? Pouvez-vous, sur l’honneur me jurer que vous avez la foi ?
— Permettez, Monsieur le Chanoine, interrompit le jeune curé, tremblant pour l’Union Sacrée, mais il semble que M. l’instituteur a donné assez de gages…
— Trop, éclata Broussillard. Ah ! je n’ai pas tout de suite compris, j’ai longtemps cherché. Cet esprit nouveau, c’était tellement en dehors des cadres de ma pensée. C’était inimaginable pour moi, et ce l’est pour vous, Dieu merci, pauvre jeune Curé, qui pourtant n’en êtes pas tout à fait indemne.
— Qu’avez-vous donc découvert, Monsieur Broussillard, interro­gea l’instituteur, plus curieux que troublé, en frisant avec détachement sa moustache blonde.
— Ceci, rugit Broussillard, que le diable est arrivé, et très adroitement et sans qu’on s’en doute, à laïciser le catholicisme. Poussés par un louable désir de conquête, des apologistes brillants ont consacré tout leur talent à démontrer qu’il est la seule force de conservation, d’ordre et de justice sociale, que son passé est la seule garantie d’avenir et sa morale la seule source de paix dans l’homme et entre les hommes. D’admirables travaux historiques ont balayé toutes les calomnies et brisé même la conspiration du silence. On a pu en même temps établir que l’humanité devait à son dogme et à son culte ses états d’âme les plus profonds, les plus exquis, les plus raffinés. En face de l’anarchie et des guerres menaçantes, dégoûtés d’ailleurs par la vulgarité et la brutalité des joies qu’avait charriées le progrès, las du sport et honteux du cinéma, insatisfaits par le confort moderne et même par les jouissances intellectuelles, les gouvernements d’une part et les élites de l’autre ont été peu à peu conquis par cette croisade élégante d’écrivains et d’orateurs qui préconisaient surtout les résultantes humaines du catholicisme. Il est devenu à la mode. La politique et le snobisme s’en sont emparés. Les chefs d’État et les parlements y ont vu un instrument puissant et docile, poussés du reste et presque contraints par l’opinion. Les intellectuels et même les instituteurs auraient eu peur de passer pour des Homais et des primaires, s’ils n’avaient affiché une dévotion et même un mysticisme ardent. Une grande partie du clergé s’y est laissé prendre, évitant inconsciemment je veux le croire, d’insister sur l’objet même de nos croyances, notamment sur la Trinité, le Ciel et l’Enfer, exaltant surtout les sentiments et les dévotions supérieures que les dogmes et le culte développent en nous. Avec la meilleure bonne foi du monde, on a naturalisé la foi.
— En somme, Monsieur le Chanoine, railla l’instituteur, ne sachant plus trop où poser vos anathèmes, vous vous voyez contraint, pour rester fidèle à votre tempérament, de déplorer l’absence de toute persécution.
— Je déplore, au contraire, la dernière persécution, plus hypocrite et plus savante que toutes les autres, celle dont une grande partie du clergé elle-même est la victime par son involontaire complicité.
— Mais, Monsieur le Chanoine, observa l’abbé, depuis la condamnation de l’« intériorisme », il y a quinze ans, le Pape et les évêques n’ont eu à frapper aucune doctrine. Aucun ouvrage n’a été mis à l’Index.
— Et c’est bien ce silence général qui, à très bref délai, va provoquer le Jugement universel. »
Il y eut un silence, puis :
« Messieurs, ricana effroyablement le chanoine, comme la lumière est pure. Ne trouvez-vous pas que c’est une ivresse de vivre ?
— Sans doute, fit négligemment l’instituteur, mais la sécheresse se prolonge un peu trop.
— Oui ! dit Broussillard, en lui plantant les yeux dans les siens. Et le soleil, malheureux, est aussi traître que ta foi.
— Je ne vous permets pas, bégaya celui-ci devenu très pâle. D’un même mouvement tous les deux s’étaient levés presque menaçants.
— Je sais ce que tu vas me dire, continua le chanoine, que tu fais apprendre le catéchisme, que tu diriges une chorale à l’église, que tu communies, misérable ! Eh bien ! moi j’affirme devant Notre-Seigneur qui va apparaître, que tu ne crois pas au symbole des Apôtres. »
Il y eut un silence tel qu’on entendait battre les cœurs. Se tenant des mains à la table pour ne pas tomber, l’instituteur murmura d’une voix blanche : « Le royaume de Dieu est en moi selon la parole de Jésus. Je crois donc au divin qui s’y manifeste, triple et unique comme puissance, lumière et amour. Père, Fils et Saint-Esprit. Je crois en Jésus qui l’a incarné et le réincarne en moi, qui, après avoir souffert, être mort et enseveli dans les âmes, les rachète de leurs péchés en ressuscitant dans nos cœurs, qui montant au ciel de nos pensées, y est assis à la droite de Dieu dont il est la plus noble expression et par la voix de notre conscience surnaturalisée nous juge vivants et nous permet de juger les morts. Je crois à un Esprit Saint dont je sens à certaines heures la présence et l’action dans mes concepts et dans mes sentiments. Je crois à l’Église Catholique qui a fixé, coordonné et fécondé la vie la plus élevée de l’âme humaine, à la communion des saints qui par leurs apports de beauté et de bonté ont réalisé en chacun de nous une humanité supérieure, à la résurrection de ma chair qui, de sa bestialité inerte, surgit spirituellement vivante sous l’influence de ma foi. Je crois enfin à la vie éternelle de l’idée religieuse dans le monde. »
Le jeune curé se frottait les yeux, hébété et comme sortant à peine d’un doux sommeil. Mais l’impitoyable Broussillard : « Et c’est cela que vous enseignez aux enfants !
— Oui sans doute, et je puis vous affirmer que tous les catholiques de cette paroisse, sauf le vieux ménage que vous dirigez, sentent ainsi leur religion.
— Mais alors !… mais alors, balbutiait le pauvre curé, tout le monde a trompé Dieu. C’est le sacrilège de toute une paroisse.
— Dites, c’est le sacrilège de toute la terre, répartit Broussillard.
— Comment le pouvez-vous savoir ?
— Par tout ce que je lis d’abord, par déduction ensuite. Si M. l’instituteur et tous les autres disciples de l’Antéchrist avaient formulé une négation quelconque, l’Autorité se serait émue, les fidèles auraient pu réagir contre leur emprise. Mais non, ils ont accepté avec enthousiasme les formules de tous nos dogmes, en les évidant de toute transcendance. Ils se sont bien gardés de dire qu’ils rejetaient la personnalité de Dieu, mais ils ne parlaient que de l’action divine en nous. Ils expliquaient la transsubstantiation par notre transformation spirituelle. Mais leur prudence et leur respect de la foi catholique étaient capables de séduire les élus eux-mêmes. Rien ne paraissait répréhensible dans cette manière habile de traduire par la vie intérieure les divers articles du Symbole. Seulement « traduttore » « traditore ». Le seul fait de ne jamais s’attacher à la vérité historique et à l’objectivité des vérités révélées induisait la grande majorité des âmes à les négliger, pour s’attarder uniquement à leurs répercussions mystiques. En méconnaître l’importance, c’était au bout d’un certain temps, se désintéresser de leur existence. Presque tout l’univers a perdu ainsi la vraie foi sans s’en apercevoir.
— Comment se fait-il Monsieur le Chanoine, demanda le curé, que vous seul dans l’Église ayez découvert cette conspiration ?
— Moi seul ! Ne le croyez pas. Les évêques sont très inquiets, mais comment atteindre des rébellions qui se dérobent et qui s’agenouillent d’avance sous la menace de la crosse. Quant au Pasteur angélique…
— L’Univers, édition de midi, criaient les camelots dans la rue. »
L’instituteur fit un signe et on lui apporta le grand journal catholique ressuscité depuis vingt ans et tiré à des millions d’exemplaires.
Une manchette énorme annonçait la mort du Pape et la convocation immédiate par sans-fil de tout le conclave. D’après la dépêche de Rome, Benoît XX était décédé presque subitement et dans des circonstances tout à fait mystérieuses : il avait reçu en audience privée une très vieille femme qu’on avait éconduite jusqu’à présent, à cause de son déséquilibre mental.
Au départ de celle-ci, le secrétaire du Saint-Père l’avait trouvé évanoui. À peine eût-il repris ses sens qu’il fit appeler tous les cardinaux présents à Rome. Il leur annonça sa mort prochaine et leur fit, suppose-t-on, une révélation effroyable, les suppliant d’élire en hâte son successeur. Il avait expiré en disant : « Et Portæ Inferi non prævalebunt – Et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas. »
« Vous voilà content, Monsieur Broussillard, plaisanta l’institu­teur qui essayait de reprendre contenance. Cela a une bonne odeur d’Apocalypse. »
Mais Broussillard, sans prendre garde à la plaisanterie, continua la lecture du journal : « Les éminentissimes cardinaux prévenus dans la matinée seront transportés dans la Ville Éternelle par avions spéciaux et pourront être tous rendus dans la soirée. L’élection du nouveau Pape sera connue avant minuit. »
« Vous plaît-il de dîner avec moi et d’attendre ici les événe­ments, proposa le curé.
— Je vais arroser mon jardinet et je reviens, dit l’instituteur.
— L’Abbé, ordonna Broussillard, allons prier quelques heures à l’église. C’est vigile aujourd’hui.
— Quelle vigile ?
— Celle du second avènement. »

***********


Au dîner, l’instituteur fut très gai. « Eh bien, Monsieur le Chanoine, le soleil s’est couché comme d’habitude. Le couchant n’était pas plus rouge que de coutume.
— C’est vrai, aveugle ! mais vous n’avez donc pas remarqué que la nuit n’est pas venue. Elle devrait être là depuis une heure.
— Ce qui signifie ? »
Broussillard ne répondit pas tout de suite, son visage détendu paraissait transsuder une puissante lumière. « Ce qui signifie ? » réitéra l’instituteur. Le vieillard joignit les mains et d’une voix très douce qui n’était plus la sienne : « Il n’y aura plus de nuit. »
De fait le jour continuait indéfiniment, ou plutôt une clarté beaucoup plus suave habillait toute chose d’une splendeur apaisée et semblait pénétrer les hommes et rafraîchir indéfiniment leur sang. Leur être se dilatait, ils avaient envie de courir et de chanter. Une musique immense montait de la ville et la lumière faisait vibrer les cloches immobiles. La continuité des ondes sonores était plus impressionnante que la plus ample sonnerie : « Nous sommes en présence, déclara l’instituteur, de phénomènes cosmiques du plus haut intérêt. » Mais Broussillard qui, à d’autres moments, eût piétiné triomphalement ce pauvre propos, s’adressant à l’instituteur avec une bonté grave :
« Les minutes sont comptées, il est peut-être temps encore d’abjurer vos erreurs.
— Quelles erreurs avez-vous pu relever dans mon Credo ? Vous l’avez constaté vous-même, nous ne nions rien. Je n’ai même pas critiqué votre anthropomysticisme. Il me semble bien que définir Dieu c’est le diminuer, mais chacun appréhende le divin à sa façon, le résultat intérieur est le même. Nous avons la même foi au fond, Monsieur Broussillard, puisque la foi c’est la vie. Vous avez besoin pour entretenir la vôtre de projections extérieures et de définitions scolastiques, c’est votre affaire, mais tout chemin ne mène-t-il pas à Rome ?… »

***********


À ce moment, le canon se mit à tonner et vingt et un coups annoncèrent l’élection du nouveau Pape. « Pourvu que ce ne soit pas le cardinal Santo, ce vieux romain obtus et têtu qui fut jadis pêcheur comme le premier pape et qui n’est guère plus lettré que lui ! Ce serait tant pis pour l’Église, déclara l’instituteur.
— La prophétie de Malachie annonce que le dernier Pape sera Pierre le Romain, dit le curé. Si c’était ce vieux Romain de Rome et qu’il prît le nom de Pierre, la coïncidence serait troublante.
— Que ce soit lui ou un autre, qu’il s’appelle Pierre ou non, ce sera le dernier Pape, prononça lentement le vieux chanoine. En douteriez-vous l’Abbé ? Et le jeune prêtre se contenta de murmurer « In manus tuas Domine, commendo spiritum meum. »
L’Univers, troisième édition ! criaient au dehors les camelots. Plusieurs passèrent en courant. L’instituteur jeta deux sous et on lui jeta un journal. Fébriles, les trois hommes se penchèrent sur la même feuille et ils lurent :
« Élection du souverain Pontife Pierre II : Le cardinal Santo a été élu au premier tour de scrutin. »
« Bonsoir Messieurs ! » fit l’instituteur, et sans autre commen­taire il sortit précipitamment. « Le jugement commence, dit Broussillard. Les boucs se séparent des brebis. — J’ai peur, gémit le jeune prêtre en tombant à genoux. — D’ici peu toutes les tribus de la terre vont hurler de terreur mais, rassurez-vous, ces jours seront abrégés à cause des élus. »
Un violent coup de sonnette les fit sursauter. L’abbé se releva avec peine, livide d’angoisse, et alla ouvrir puis revint avec deux visiteurs. C’était M. et Mme Leroy, le vieux ménage qui seul avait continué sa confiance au chanoine Broussillard.
« Nous sommes venus nous réfugier auprès de vous, dit le vieillard, car c’est la fin, n’est-ce pas ?
— Oui, répondit simplement le chanoine.
— Personne n’a l’air de s’en douter. Le nom de Pierre II a fait revenir dans les conversations la prophétie de saint Malachie. On discute autour. On discute aussi des signes dans le ciel et de ce jour indéfiniment prolongé, mais sans effroi. On trouve tout cela très intéressant. Il paraît cependant qu’en haut lieu, l’élection du cardinal Santo provoque un mécontentement sourd mais qu’on est décidé coûte que coûte à maintenir l’Union Sacrée.
— Les imbéciles ! s’exclama Broussillard. Mais laissons le monde qui n’est déjà plus qu’un souvenir et récitons les prières des agonisants.
La ville avait fini par s’endormir malgré la persistance de l’excitante lumière. Le silence n’était comme d’ordinaire troublé que par quelques voitures matinales et tout, sauf le ciel, semblait avoir repris son aspect ordinaire.

***********


Il était trois heures du matin exactement, lorsque tout à coup et dans toutes les tours, les cloches se mirent à sonner. Ce n’était plus la vibration musicale de tout à l’heure. C’était le halètement du tocsin. En même temps d’énormes sirènes emplissaient les rues de leur monstrueux hululement. Une nuée d’afficheurs se répandaient sur tous les points de la cité et collaient sur les murs de larges placards. La foule, à peine habillée, se ruait pour lire et on entendait monter un grondement d’imprécations et de menaces.
Les placards portaient ceci :

Le premier acte du Pape Pierre II : MISE EN INTERDIT DU MONDE

« Le souverain Pontife, à la suite de la révélation foudroyante qu’a reçue avant de mourir son prédécesseur Benoît XX, ayant acquis la certitude que l’univers catholique, à part l’Église enseignante et quelques fidèles, a perdu la vraie foi, pour empêcher la continuation du mensonge et du sacrilège, ordonne la fermeture des églises, la suppres­sion du culte et des Sacrements. Il permet aux prêtres en communion avec Rome d’accorder une dernière absolution aux vrais croyants et à ceux des incroyants dont le repentir et la foi seraient évidents. Le Pape Pierre II s’en remet à Notre-Seigneur pour l’exécution de cette sentence et accorde une bénédiction suprême à ceux qui sont restés à sa Droite.
« Donné à Rome le dernier jour de la terre en l’an d’épouvante 2000.
« Pierre, évêque. »


Ce fut alors un indescriptible spectacle de fureur et d’orgies. La multitude se précipita dans les églises, encouragée par la police, pillant et saccageant tout, piétinant ou souillant les hosties consa­crées. Puis des prêtres apostats se mirent à célébrer des messes noires où la foule se rua. Ce fut un délire de luxure et de sacrilège.
L’instituteur vint dans la matinée chez son ancien ami le curé où une vingtaine de croyants se trouvaient maintenant réunis.
« Vous savez, leur dit-il, que le Pape a suicidé le catholicisme : sauvez-vous car on va vous massacrer.
— Tant mieux, dit le jeune prêtre.
— Ne bougez pas, commanda Broussillard, voici Notre-Seigneur ! »
Le soleil n’était pas encore levé, bien qu’on fût en été et à l’heure de midi, mais la belle lumière qui l’avait remplacé se faisait de plus en plus vive. Son intensité devint si effrayante que les corps et les pierres apparurent tout à coup translucides. Les arbres n’étaient plus que des bouquets de flamme et les édifices se volatilisaient
« À moi ! cria le malheureux instituteur qui déjà n’était plus qu’un fantôme. À moi ! au secours ! »
Et ce fut partout une clameur sans nom. Un peuple de spectres lumineux hurlait : « Pitié ! Pitié ! Pitié ! » Des ombres de bras se tordaient désespérément.
Cependant que les étoiles tombaient du ciel, que de prodigieux clairons sonnaient aux quatre vents, et que les cimetières s’ouvraient vomissant leurs morts. Comme l’éclair qui bondit de l’Orient à l’Occident le Fils de l’homme apparaissait avec une grande puissance et une grande majesté…


NB : Jacques Debout est un pseudonyme du chanoine Roblot.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:38 (2016)    Sujet du message: Le sceau du diable: détournement diabolique de la fin de la FSSPX.

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