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Sean Johnson


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Messages: 86
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MessagePosté le: Mer 16 Mar - 01:17 (2016)    Sujet du message: Apprendre Ces Arguments: Répondre en citant

Posté le: Jeu 9 Avr - 10:14 (2015)    Sujet du message: En ce qui concerne la lettre "contraste frappant" par le Père François Laisney (FSSPX)



Traduction des extraits principaux de l'article de Sean Johnson par "Marguerite"




 
A propos de la lettre intitulée “Un contraste saisissant” de l’abbé François Laisney (FSSPX)
 
Par Sean Paul Johnson
 
Le 22 mars 2015


Celui qui fut longtemps un diplomate américain et  Secrétaire d’Etat, Henry Kissinger (1973-1977), est connu pour avoir dit : « Ne laissez jamais une bonne crise se perdre ».  Il voulait dire que la confusion et la perplexité qui découlent de tout évènement important et inattendu donnent l’occasion de faire avancer des mesures et des stratégies qui, sans la distraction fournie par la crise, soit attireraient trop d’attention, soit ne gagneraient pas assez de soutien pour être adoptées.


Les politiciens américains se sont servi de cette tactique avec tant d’efficacité que cela a donné lieu à des soupçons que ces crises aient été délibérément « produites » en ce que nous appelons des « opérations sous faux drapeaux » pour créer des distractions  permettent  d’éviter tout examen minutieux, ou bien pour créer de la sympathie pour faire avancer des politiques qui n’auraient pas obtenu de soutien assez large.  Des exemples de telles crises (que ces crises soient naturelles ou bien « sous faux drapeaux ») seraient : le 11 septembre (pour augmenter le contrôle du gouvernement sur leurs sujets et enlever les libertés civiles sous le prétexte de combattre le terrorisme) ; « l’Holocauste » (pour créer un état d’Israël en Palestine en tant que quartier général financier de niveau international et mondial, sous le prétexte de protéger les Juifs d’un autre « génocide ») ; Le massacre connu sous le nom de « Sandy Hook » (utilisé par ceux qui sont en faveur d’un contrôle des armes en vue de faire passer des lois draconiennes en matière d’armes, et cela va jusqu’à empêcher la possession privée par les citoyens qui respectent la loi, et jusqu’à sanctionner par un emprisonnement en cas de refus d’obtempérer) ; etc.
Vous comprenez la technique : utiliser la « crise » pour faire avancer ses objectifs (…).


Bien sûr, la consécration épiscopale de Monseigneur Faure est tout SAUF une crise pour les catholiques fidèles qui continuent à suivre les enseignements de Monseigneur Lefebvre (et donc ceux de tous les saints, des Pères, des Docteurs, des Papes et de Notre Seigneur Jésus-Christ). En fait, c’est une bénédiction qui a permis d’assurer la préservation de la Tradition, quels que soient les accords conclus par Menzingen et par Rome à mettre en place prochainement. Mais si vous êtes de ces zombies anesthésiés assis sur un banc d’église, fascinés par sept années de branding (Ndlt : image de marque), et par les conférences telles que celles qui dénigrent la Résistance en disant « Résistance à quoi donc ? », alors la consécration vous déstabilisera sans doute un peu.


Selon Kissinger, comment Menzingen peut-il utiliser cette crise à son avantage ?


Il est de plus en plus évident que Menzingen utilise la consécration du 19 mars de Monseigneur Faure pour faire avancer son agenda d’obtenir un accord pratique avec la Rome non-convertie. Ce qui est pour eux (et pour Rome) une « crise » (car la tradition a échappé à leur contrôle) est pour nous une cause de grande joie. Pourtant, la stratégie semble être de mettre en exergue des distinctions entre les consécrations épiscopales de 1988 et de 2015, en s’efforçant de montrer à Rome combien ils se différentient maintenant des membres de la Résistance et de « l’ancienne FSSPX », (tout en essayant de rassurer leur clergé et leurs fidèles qu’ils sont toujours la même vieille FSSPX et qu’ils continuent sur les pas de Monseigneur Lefebvre).
 
Leur dernière tentative en date vient d’un accordiste de longue date, l’abbé François Laisney (FSSPX – Singapour). Ci-dessous, nous reprenons son intervention et nous la ferons suivre par une évaluation des arguments fournis pour mettre en exergue les « distinctions » afin d’évaluer leur poids et leur valeur.


http://tradinews.blogspot.be/2015/03/abbe-francois-laisney-fsspx-un.html


Vous voilà maintenant informé de cette lettre. Que penser de ces arguments ? Analysons-les de façon systématique et méthodique, en n’en négligeant aucun, de sorte à être en mesure de proposer une conclusion au sujet de leur valeur cumulative sur la question de la 1ère thèse : à savoir qu’il y a un contraste frappant entre les circonstances qui ont donné lieu et qui ont justifié les consécrations épiscopales de 1988.
 
Pour contraster les consécrations de 1988 et de 2015, l’abbé Laisney avance d’abord que, alors que la FSSPX avait reçu l’approbation canonique de Monseigneur Charrière, donnant donc par cela même une légitimité à la Fraternité, Monseigneur Williamson ne dispose à proprement parlé ni de « fraternité » ni d’approbation canonique. 
 
D’un côté, on est forcé de mettre en doute la pertinence de la distinction initiale de l’abbé Laisney sur les consécrations épiscopales de 1988 et 2015. Cela semble hors sujet, dans la mesure où cela ne donne aucun argument en faveur de ce qu’il a entrepris de prouver : à savoir que les consécrations de 1988 et 2015 n’ont rien de commun. Ses remarques pourraient être pertinentes si on cherche à savoir laquelle des fraternités a la meilleure base canonique ou théologique, mais ses remarques n’ont rien à voir pour établir une distinction en terme de motif, d’objectif, de portée ou en terme de conséquences des consécrations elles-mêmes. Ma réponse est donc de dire que cette première remarque à propos de l’approbation canonique et de l’existence ou manque d’existence d’une fraternité – est hors sujet et n’a pas sa place dans une conversation sur les consécrations épiscopales.
 
D’un autre côté, sachant ce que je sais de Monseigneur Lefebvre, ma réaction spontanée sur cette façon d’argumenter est de me poser la question suivante : « Si Monseigneur Charrière avait refusé l’autorisation canonique pour une pieuse union, Monseigneur Lefebvre aurait-il abandonné toute l’entreprise et aurait-il pris sa pension ? » Rien dans la vie ni l’attitude de Monseigneur Lefebvre ne laisse présager qu’il aurait pris cette décision. Par contre, les faits démontrent le contraire (en particulier, les consécrations épiscopales de 1988 elles-mêmes) : Monseigneur Lefebvre, en basant ses actions d’abord sur la doctrine de la nécessité (en subordonnant les considérations canoniques aux considérations théologiques) montre bien ce qui motivait et justifiait ses actions et il aurait certainement maintenu le cap et pourvu aux besoins des fidèles se trouvant dans une situation générale de grave nécessité spirituelle, peu importe qu’il ait obtenu ou pas l’approbation canonique. En fait, cela a toujours été le cas de la position de la FSSPX (tel que le montre l’étude théologique de SiSiNoNo publiée en deux parties par The Angelus en dates de Mai et Juillet 1999 et intitulée « Les consécrations épiscopales de 1988 : une étude théologique ». Cette étude est disponible en ligne sur


  http://www.sspxasia.com/Documents/SiSiNoNo/1999_July/The_1988_Consecrations….   


Les considérations canoniques sont toujours subordonnées aux théologiques. Remarquez (comme le prouve la lettre même de l’abbé Laisney) que ce n’est plus le cas pour Menzingen.


L’abbé Laisney fait une autre tentative : toujours pour distinguer les consécrations de 1988 et de 2015, il parle du respect de Monseigneur Lefebvre pour le Droit Canon de l’Eglise (en opposant ce respect avec ce qu’il targue de manque de respect dans le chef de Monseigneur Williamson) et il fait remarquer que Monseigneur Lefebvre « n’avait jamais pensé que la « foi » le dispenserait du Droit Canon ! »
 
Dans cette tentative de distinguer l’attitude et la position de Monseigneur Lefebvre de celle de Monseigneur Williamson, il faut distinguer deux affirmations : d’abord que Monseigneur Lefebvre respectait le droit canon et que Monseigneur Williamson ne le respecte pas. En deuxième lieu, que Monseigneur Lefebvre n’avait jamais pensé que la foi le dispenserait d’observer la loi.
 
En premier lieu, admettons volontiers que Monseigneur Lefebvre avait certainement un grand respect pour le droit canon de l’Eglise, et que toutes choses étant égales, il aurait préféré œuvrer avec l’approbation canonique. Mais de prétendre que Monseigneur Williamson manque d’un tel respect est une affirmation qui est manifestement fausse et injuste, comme le prouve sa conférence du 1er juin à Post Falls en Idaho, dans laquelle Son Excellence explique aux fidèles de la Résistance que sa recommandation pour une confédération informelle de prêtres n’est pas d’abord basée sur des préférences personnelles ou stratégiques, mais parce qu’il considère qu’il n’a pas l’autorité nécessaire pour fonder une congrégation religieuse digne de ce nom.  La première partie de cette conférence est disponible en suivant le lien suivant : 


https://www.youtube.com/watch?v=Leiw7INHz0E


 Pendant 90 minutes, Son Excellence explique que Monseigneur Lefebvre avait un grand respect pour l’autorité, et que c’était son désir de suivre les traces de Monseigneur Lefebvre qui l’empêchait de fonder une congrégation religieuse sans approbation canonique. En plus, Son Excellence a fait preuve de fermeté sur ce sujet afin de maintenir sa prise de position, ce qui lui a valu d’être en conflit ouvert avec l’abbé Pfeiffer et d’autres qui constituent le noyau dur. Donc essayer d’opposer Monseigneur Lefebvre avec Monseigneur Williamson sur base d’un prétendu manque de respect vis-à-vis de l’autorité canonique est clairement absurde.
 
En deuxième lieu, il est tout aussi évident (malgré l’affirmation du contraire par l’abbé Laisney) que Monseigneur Lefebvre plaçait certainement la foi au-dessus des considérations canoniques. Sinon comment pouvait-il justifier les consécrations de 1988 face au refus du Pape, sauf s’il en appelait aux principes théologiques de nécessité, qui transcendent et surpassent les considérations canoniques ? Dans la seconde partie de l’étude théologique citée plus haut, qui a représenté pendant longtemps « la référence absolue » de l’apologétique de la FSSPX pour justifier les consécrations de 1988, et au milieu de beaucoup d’autres citations, nous sommes tombés sur cette perle :
 
« La juridiction ‘comme par elle-même’ semble provenir du Pape dans l’histoire de l’Eglise toujours et chaque fois qu’une grave nécessité de l’Eglise ou des âmes l’exigeait. Dans ces circonstances extraordinaires, dit Dom Grea, l’épiscopat œuvrait « de façon résolue avec l’approbation tacite de leur Chef, rendue certaine par la nécessité » (op. cit. vik.U, p 220). Dom Grea ne dit pas que l’approbation du Pape rendait les évêques certains de la nécessité. Au contraire, la nécessité les rendait certains de l’approbation du Pape. Et précisément, pourquoi la nécessité rendait-elle l’approbation de leur Chef « certaine », approbation dont en réalité les évêques n’avaient pas connaissance ? – Bien évidemment parce qu’en état de nécessité, le jugement positif de Pierre est dû. Si, venant du Christ, sur base de sa primauté, Pierre a le pouvoir d’étendre ou de restreindre l’exercice du pouvoir de l’ordre épiscopal, venant du Christ, il a aussi le devoir de l’étendre ou de le restreindre selon les nécessités de l’Eglise et des âmes.  Dans l’exercice du pouvoir des clés, le Christ reste toujours «’l’agent principal » et aucun autre être humain ne peut exercer [le pouvoir des clés] en tant qu’ « agent principal » (St Thomas, Supplément, Q. 19, A.4), mais seulement « en tant qu’instrument et ministre du Christ » (ibid., A.18, A.4). Les clés de Pierre font aussi fonction de « clés du ministère », et donc non seulement Pierre peut utiliser le pouvoir des clés de façon arbitraire, mais il doit être attentif à l’ordre divin des choses. L’ordre divin prévoit que la juridiction est transmise à d’autres par l’intermédiaire de Pierre, oui, mais de telle façon qu’elle est fournie « d’une façon suffisante pour le salut des fidèles » (St. Thomas, Contra Gentiles, Bk 4, c. 72). Donc, si Pierre devait empêcher que cela soit distribué en suffisance pour les besoins des âmes, il agirait contre l’ordre divin et commettrait une faute très grave (St. Thomas, Supplément, Q8, AA.4-9 ff.). »
 
Ce passage non seulement démontre la supériorité de la Foi (c’est-à-dire de la théologie) sur le droit canon, dont elle est la source, mais aussi que l’Archevêque, la FSSPX et l’abbé Laisney lui-même ont bien compris que les arguments théologiques surpassent les arguments canoniques. St. Thomas d’Aquin et la FSSPX n’ont-ils pas toujours enseigné que « la nécessité est une cause qui excuse de la loi » (cf même étude référencée ci-dessus) ?  Et pour l’abbé Laisney, son affirmation actuelle que la foi (les considérations théologiques) ne peut dispenser du droit canon, c’est en même temps éliminer une défense sur laquelle l’apostolat de la FSSPX dans son entièreté s’est basée depuis les débuts. 
 
Enfin, pour ce qui est des deux arguments de l’abbé Laisney à propos d’un prétendu manque de respect pour le droit canon, et l’idée manifestement fausse que la foi ( la doctrine de la nécessité) ne peut se passer du droit canon, je suis à nouveau obligé de me demander quel est la pertinence de cela dans une discussion qui a été prétendument initiée pour distinguer les différences entre les consécrations épiscopales de 1988 et de 2015. Il semble plutôt que ses efforts ont été jusqu’ici orientés sur une critique de la Résistance et de Monseigneur Williamson en général, au lieu de comparer/contraster toute chose concernant spécifiquement les consécrations elles-mêmes en terme de portée, d’objectifs ou de justifications (à part couper l’herbe sous les pieds des deux parties dans le but d’en appeler à la légitimité de la doctrine de la nécessité comme dernier recours, ce qui est une tactique suicidaire tout autant qu’erronée).
Le troisième argument fourni par l’abbé Laisney pour soutenir son affirmation qu’il y a un « contraste frappant » entre les deux consécrations de 1988 et de 2015 rate lui aussi une fois de plus son but. Au lieu de comparer les consécrations, il compare la FSSPX telle qu’elle était en 1988 et  la Résistance de 2015. Le seul bien-fondé de cet argument est sans doute que l’abbé Laisney veut dire par là que, étant donné tous les fruits portés par la FSSPX en date de 1988, le grand nombre (càd 200 prêtres, 200 séminaristes, 6 séminaires, etc) rendait nécessaire les consécrations (càd car cela aurait fait trop de travail pour Monseigneur Lefebvre tout seul ?).
 
Si cela est un argument (càd une justification pratique en faveur des consécrations, malgré le « non » du Pape), je ne l’ai jamais vu mis en avant par la FSSPX.  La FSSPX a toujours d’abord justifié les consécrations épiscopales de 1988 sur base de l’état de grave nécessité spirituelle généralisée, les justifications canoniques étant secondaires et/ou simplement complémentaires. Mais essayer de justifier les consécrations épiscopales à partir de considérations pratiques (…) ne serait pas un motif suffisant pour désobéir à un ordre direct du Pape de s’abstenir de consacrer, et donc un mépris plus grave pour le droit canon que l’accusation imaginaire levée contre Monseigneur Williamson. Pour ces raisons, cette troisième tentative d’opposer les consécrations de 1988 et de 2015, en plus d’être complètement hors sujet, est le plus faible des arguments de l’abbé Laisney, et est donc rapidement éliminé.
L’abbé Laisney continue en fulminant contre le manque d’unité au sein de la Résistance naissante, en faisant remarquer qu’il y a des procès en justice entre les membres de la Résistance, et que certains s’affichent ouvertement comme sédévacantistes.  (…) Oui, monsieur l’abbé Laisney, tous nous nous rappelons des débuts d’Ecône, avant que la FSSPX ne devienne tellement monolithique dans son unité doctrinale, et pour ce que cela vaut, il me semble plutôt que ce parallèle entre la Résistance naissante et les débuts d’Ecône tend plutôt à unir ces deux initiatives, au lieu de les différencier.
 
Le quatrième essai pour opposer les consécrations épiscopales de 1988 et de 2015 rate une fois de plus sa cible (cela en devient une habitude !), au point que son essai s’apparente à du « chahut ».  L’abbé Laisney demande comment Monseigneur Faure peut avoir l’intention de fonder un séminaire pour mener à bien « l’opération survie » d’une chose qui n’existe pas encore. Je suppose que ma réponse serait, « de la même façon que Monseigneur Lefebvre avait l’intention de pourvoir à la survie du vrai sacerdoce, et d’enseigner la petite bande de séminaristes qui l’avait approché en 1969, en fondant un séminaire qui n’existait pas encore. »
Dans sa cinquième tentative de comparer les consécrations épiscopales de 1988 et 2015, l’abbé Laisney enfin s’attaque à quelque chose qui est directement lié aux consécrations elles-mêmes : il fait observer que Monseigneur Lefebvre a tout fait pour essayer d’obtenir la sanction canonique et l’approbation de Rome pour les consécrations épiscopales, tout en ajoutant que Monseigneur Williamson n’a fait aucun effort pour l’imiter en cela.
 
Notre première réponse est celle de la FSSPX elle –même, telle qu’écrite dans la 2nde partie de la même justification théologique pour les consécrations épiscopales de 1988 citée ci-dessus :
 
« Mais c’est le Pape lui-même qui favorise ou encourage pour l’Eglise une orientation qui est infestée de néo-modernisme , qui menace les biens qui sont fondamentaux pour les âmes, les biens qui sont indispensables pour le salut des âmes, càd la foi et la morale. Si le Pape lui-même est la cause ou une partie de la cause, ou même, étant donné son autorité suprême, la cause ultime de la grave nécessité spirituelle généralisée dans laquelle il n’y a aucun espoir d’aide de la part de pasteurs en place, alors à quoi sert de recourir au Pape dans ces circonstances ? Il sera accessible physiquement mais il sera inaccessible moralement. S’adresser à lui sera certainement possible de manière physique mais ce sera impossible sur le plan moral, et si cela devait être tenté, le résultat naturel sera que le Pape répondra « non » à l’acte que les circonstances extraordinaires requièrent « pour que la mesure appropriée soit adoptée «  (ST, op ct in Part 1) pour la grave nécessité généralisée des âmes. Tout comportement différent du Pape présuppose, en fait, la repentance et l’admission humble de sa propre responsabilité étant donné que l’acte dont il est question – càd la consécration d’évêques – ne serait pas requis si le Pape lui-même n’était pas dans une certaine mesure, co-responsable de l’état de grave nécessité généralisée » 


http://www.sspxasia.com/Documents/SiSiNoNo/1999_September/The_1988/Consecra…


Ce qui veut dire que, alors que pour 1988 Rome utilisait une ruse avec Monseigneur Lefebvre, en feignant de réfléchir à lui donner un évêque, les évènements (ainsi que l’archevêque lui-même) ont dévoilé plus tard que cela était de la malhonnêteté et que Rome attendait purement et simplement son décès (et celui du mouvement traditionnel qui en découlerait). Dès que Monseigneur Lefebvre a compris la ruse, la nécessité qu’il ressentait de faire appel à Rome (ou même simplement de rester en contact fréquent avec Rome) fut abandonnée.
 
Monseigneur Williamson ayant vécu ces évènements, sait bien lui que faire appel à Rome ne servirait à rien (comme cela a été clairement déclaré dans le mandat apostolique qui fut lu lors de la consécration), et comme la FSSPX l’admettait dans le passé, selon l’étude théologique citée plus haut tirée de The Angelus.
 
Donc, bien que la distinction faite par l’abbé Laisney soit valide (veuillez noter que c’est le premier de ses arguments qui soit lié au sujet qu’il prétend discuter), cette distinction est sans valeur et ne peut convaincre, non seulement quand on tient compte de la citation reprise ci-dessus qui illustre qu’il est vain d’en appeler à la Rome moderniste, mais aussi parce que cette distinction donne l’impression d’une condamnation malhonnête et arbitraire : l’abbé Laisney sait parfaitement bien que les trois évêques de la FSSPX n’ont fait aucune tentative d’appel à Rome pour la permission de consacrer Monseigneur Licinio Rangel pour Campos en 1991 (et ont utilisé le même mandat apostolique en 1991 que celui utilisé par Monseigneur Lefebvre en 1988, et que celui utilisé par Monseigneur Williamson en 2015. Donc, si la consécration de Monseigneur Faure est aujourd’hui contestable sur le plan moral, alors la consécration à laquelle a participé FSSPX en 1991 était alors aussi contestable sur le plan moral).


La sixième tentative de l’abbé Laisney pour opposer les consécrations de 1988 et de 2015 montre bien son parti-pris de manque de pertinence, en s’éloignant de la discussion sur les consécrations elles-mêmes et en revenant à l’allégation déjà réfutée que l’autorité du Pape est rejetée par Monseigneur Williamson et que, malgré les propres mots de ce dernier, sa reconnaissance de l’autorité du Pape ne serait seulement que rhétorique.  (…)


La septième tentative de l’abbé Laisney de faire une distinction est la plus sidérante de toutes : l’abbé prétend que, alors que Monseigneur Lefebvre ne réagissait qu’après que des scandales majeurs lui forcent la main, Monseigneur Williamson, lui, a réagi AVANT qu’un quelconque compromis ne soit fait. Il semblerait que l’abbé Laisney essaie de nous faire croire que tout ce qui n’est pas un accord signé, n’est pas un compromis. Il semble refuser d’admettre que la raison pour laquelle la FSSPX est si proche d’un accord avec Rome aujourd’hui est précisément à cause DES COMPROMIS QUI ONT DEJA ETE FAITS ! Par exemple, le changement de la condition préalable prudentielle de la conversion de Rome ; l’expulsion de Monseigneur Williamson, la contestation de la déclaration du chapitre général de 2006 ; la mise en place de six conditions faibles (dont seulement trois sont considérées comme essentielles) pour l’acceptation d’un accord pratique ; la campagne de branding, pour faire la paix avec Vatican II ; toutes les déclarations scandaleuses de Monseigneur Fellay reconnaissant que Vatican II appartient à la tradition de l’Eglise ; que la liberté religieuse dans Dignitatis Humanae était « très restreinte » (et donc implicitement acceptable) ; que le combat pour la tradition a été dévié loin du combat pour le Christ Roi, et réduit au combat pour la Messe (à la mode Ecclesia Dei) ; que tant de scandales Romains sont passés sous silence ; que la distinction entre l’Eglise Conciliaire et l’Eglise Catholique (ou entre la Rome Eternelle et la Rome Moderniste) est maintenant éliminée ; etc. etc.
 
Non, Monsieur l’abbé (Laisney), beaucoup plus d’eau a coulé sous les ponts   que la seule scandaleuse déclaration doctrinale du 15 avril 2012 (qui, si Monseigneur Williamson n’avait pas mis des bâtons dans l’engrenage, aurait eu pour résultat que vous auriez déjà accepté la légitimité de la nouvelle Messe (…)).


Dans sa dernière tentative, l’abbé Laisney réussit en fait à traiter du sujet mais seulement pour la seconde fois sur les huit tentatives. Il fait remarquer que Monseigneur Lefebvre avait consacré des hommes plus jeunes que lui, alors que Monseigneur Williamson a consacré un évêque à peu près de son âge. L’abbé Laisney alors émet un doute de façon rhétorique en se demandant comment Monseigneur Williamson peut dire qu’il a l’intention d’assurer la survie de la tradition en consacrant quelqu’un de son âge.
 
Le problème ici se trouve dans la conception limitée dans le chef de l’abbé Laisney de ce qu’implique « assurer la survie de la tradition ». L’abbé Laisney conçoit de préserver la tradition en terme de durée de temps, ce qui explique qu’il met l’accent sur l’âge (càd la continuité temporelle). Monseigneur Williamson conçoit d’assurer la survie de la tradition en terme d’étendue et de nombre (càd en fournissant un autre évêque au cas où quelque chose lui arriverait). Ce sont deux façons de préserver la tradition. Mais je voudrais poser la question à l’abbé Laisney, « auriez-vous été plus heureux si Monseigneur Williamson avait consacré quatre jeunes prêtres ? Si cela avait été le cas, ne seriez-vous pas maintenant en train de vous plaindre qu’un seul évêque aurait suffi ? Et si Monseigneur Williamson avait consacré un ou plusieurs homme(s) jeune(s), ne seriez-vous pas en train de vous plaindre qu’ils n’ont pas (qu’il n’a pas) l’expérience ni l’éducation requises pour occuper cette responsabilité ? »
 
Conclusion
 
On peut s’attendre à ce que des lettres comme celles de l’abbé Laisney vont devenir monnaie courante. Tout comme Menzingen utilise la consécration de Monseigneur Faure pour se valoriser à Rome, en montrant à ces Romains combien ils sont différents  de la Résistance (et donc différents de l’ancienne FSSPX) dans le but d’obtenir un accord pratique, et bien, de la même façon, des auteurs comme l’abbé Laisney se servent de l’occasion pour se valoriser à Menzingen, en se bousculant les uns les autres pour faire preuve de loyauté envers le régime de Menzingen, mais avant tout par haine de tout ce que représente l’ancienne FSSPX et de ce que représente Monseigneur Williamson.
 
En ce qui concerne le bien-fondé de la lettre elle-même, le « contraste frappant » (à supposer qu’il y en ait un) s’applique plus aux différences entre la néo-FSSPX et la Résistance, qu’à quoique ce soit de particulier concernant les consécrations épiscopales de 1988 et de 2015.
 
Pour ce qui est de ces consécrations, elles sont en fait quasi identiques dans tous leurs aspects. Les deux consécrations présentent pratiquement le même mandat apostolique ; elles se basent toutes les deux sur l’état de nécessité ; elles annoncent toutes les deux le refus de toute mission apostolique (càd la juridiction) ; et elles ont toutes deux été suscitées par le désir et le besoin de prévoyance pour le maintien de la tradition.
 
Dans un autre article (« Pensées initiales à propos des consécrations épiscopales ») j’ai fait remarquer que Monseigneur Fellay serait obligé de choisir soigneusement sa réponse à la consécration afin de ne pas se lier les mains en ce qui concerne sa propre capacité à faire lui aussi une consécration « non-autorisée » dans le futur, dans le cas où il romprait le sortilège de Rome. Malheureusement, en permettant ce genre de lettre, il a en principe signalé à Rome que, à l’avenir, des consécrations non-autorisées ne sont pas une option, et ce qui a pour conséquence, que tout candidat serait vraisemblablement choisi par Rome. Ceci étant, il est difficile dans le nouveau Régime, d’imaginer que Menzingen soit désireux de faire une consécration « non-autorisée » pour perpétuer la FSSPX ; puisqu’il envisage n’importe quel candidat choisi par Rome pour représenter des solides espoirs pour la préservation future de la tradition.
 
A la lumière de cela, que peuvent donc espérer de Menzingen dans le futur le clergé et les laïcs ? Aucun évêque en aucune façon ? Ou bien des évêques choisis par Rome ? Cela semble être les seules alternatives futures pour Menzingen qui a mis un pied dans la porte, et cette petite action d’apparence anodine est toujours lourde de conséquences graves.
 
Vraiment, cet effort est bien nommé « Opération Suicide ».
 

_________________
"I have passed on that which I have received." -Archbishop Lefebvre


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MessagePosté le: Mer 16 Mar - 01:17 (2016)    Sujet du message: Publicité

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DYSMAS 2015


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Inscrit le: 02 Mai 2015
Messages: 475
Localisation: france

MessagePosté le: Mer 16 Mar - 13:12 (2016)    Sujet du message: Apprendre Ces Arguments: Répondre en citant

Merci et bravo pour ce travail argumentaire.


A l'abbé Chazal, l'abbé Laisney avait écrit: "Mgr Lefebvre n'a jamais parlé de deux Romes, mais d'une seule avec deux tendances". 


Sauf qu'une des deux tendances est la seule qui reste! Twisted Evil  
_________________
onlr de Mgr Lefebvre


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:24 (2016)    Sujet du message: Apprendre Ces Arguments:

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